21ème session du Forum international de Réalités: un nouveau cadre pour le partenariat Euro-Méditerranéen

Bassem Loukil

La deuxième session de la 21ème édition du Forum international de Réalités, a été consacrée à un panel dédié à débattre des perspectives et des enjeux d’un partenariat tripartite, Tunisie, Europe et Afrique dans un nouveau cadre garant des intérêts communs.

Ont pris part à cette séance, Afif Chelbi, ancien ministre de l’Industrie, président du Conseil des Analyses Economiques, Bassem Loukil, président-directeur général du groupe Loukil, Hatem Attallah, ancien Ambassadeur et ancien directeur exécutif de la Fondation Anna Lindh, Ramzi Sandi, président-directeur général de SAIPH, Aziz M’barek, associé fondateur et directeur général du groupe Africinvest et Laurent Viguié, chargé d’affaires a.i ambassade de France en Tunisie .

Les opportunités qui s’offrent à la Tunisie en s’ouvrant et ou en investissant en Afrique étaient au centre de ce panel.

Afif Chelbi, premier à prendre la parole, a, dans ce contexte, indiqué qu’en 2017 la Tunisie a exporté pour 34 milliards de dinars de biens dont 0,6 milliards de dinars environ, soit 2% des exportations en Afrique Subsaharienne, selon certaines projections, la Tunisie devrait doubler ses exportations globales en 2025, soit une augmentation de l’ordre de 4% ce qui veut dire que les exportations globales passeraient de 34 milliards à 62 milliards de dinars dont la majorité resterait toujours dédiées à l’Europe, a-t-il précisé.

Bassem Loukil, président-directeur général du groupe Loukil, n’était pas tout à fait d’accord avec les prévisions de Afif Chelbi. Le président de TABC a précisé que l’Afrique représente un énorme potentiel, non pas uniquement en ce qui concerne l’exportation des produits mais aussi dans le secteur des services, et que le volume des exportations dépasserait celui de l’Europe.

Il a dans ce contexte, indiqué que la Tunisie pourrait développer dans ce sens un partenariat commun avec la France, « il est possible de passer par des pays partenaires tel que la France, pour pénétrer le marché Africain. En Pays ami du continent, la France reste une excellente porte d’entrée en Afrique« , a-t-il expliqué.
Dans une déclaration accordée à Réalités Online, Bassem Loukil a indiqué que la Tunisie s’est prise malheureusement en retard et a été devancée par le Maroc et la Turquie et ce, à cause de la politique de l’ancien président, Ben Ali, qui ne croyait pas en lepotentiel et l’importance du marché africain, a-t-il fait savoir.

Hatem Atallah, ancien Ambassadeur et ancien directeur exécutif de la Fondation Anna Lindh a, lors de son intervention, indiqué qu’aujourd’hui les dirigeants africains, favorisent les partenaires qui répondent mieux à leurs propres décisions et aux choix qu’ils ont fait. La Tunisie, dans ce contexte-là, est un pays extrêmement bien placé pour servir de « plaque tournante » et notamment pour répondre aux besoins des Africains.

« Elle peut servir de hub pour cette nouvelle coopération entrel’Europe et l’Afrique », a-t-il précisé. Ramzi Sandi, président-directeur général de SAIPH a, lui aussi, affirmé qu’investir en Afrique est une opportunité. Il a dans ce contexte donné l’exemple du secteur de la pharmacie, soulignant que la fabrication des médicaments en Afrique ne représente même pas 3%. « La couverture du marché en Afrique du Nord, elle tourne autour de 10%, » a-t-il déclaré précisant que la Tunisie pourrait y aller et s’implanter pour combler un besoin et ce, rapidement. D’ailleurs, Ramzi Sandi a investi sur un projet industriel de 20 millions d’euros pour créer une deuxième plateforme dans la région de l’Afrique Subsaharienne.

Aziz M’barek, associé fondateur et directeur général du groupe Africinvest a rejoint la réflexion de Ramzi Sandi et a affirmé avec conviction que la Tunisie peut absolument conquérir l’Afrique et que la filière pharmacie, est l’un des secteurs clés qui pourrait ouvrir les portes de l’Afrique à la Tunisie.

Laurent Viguié, chargé d’affaires à l’ambassade de France en Tunisie, a, quant à lui, indiqué que la francophonie représente un atout important capable d’aider la Tunisie et la France à conquérir le marché africain.

« La capacité à interagir avec les Africains est une chance qui permet aux deux parties de réussir » a-t-il déclaré. Ainsi, il a insisté sur le fait que la France et la Tunisie devraient travailler ensemble afin de renforcer encore plus ce lien.

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