COMESA : Les exportateurs tunisiens peu ou mal accompagnés

“L’adhésion de la Tunisie au COMESA, une opportunité pour les exportateurs Tunisiens”, tel est le thème d’une rencontre-débat organisée vendredi soir, à Sfax à l’initiative du TABC (Tunisia-Africa Business Center), en présence d’un nombre d’opérateurs économiques de la région, de hauts responsables de l’administration publique, et de représentants des organisations patronales et de la société civile.

Le président du TABC, Bassem Loukil, a, à cette occasion, pointé certaines structures et institutions, “un peu trop passives”, quant au devoir d’accompagnement des exportateurs tunisiens et investisseurs, qui ont choisi de conquérir le marché africain dont particulièrement le secteur bancaire et les institutions de l’Etat.

“Les banques sont peu désireuses d’accompagner les hommes d’affaires présents sur le marché africain et refusent catégoriquement de s’engager en Afrique”, a t-il constaté. Il a exhorté l’Etat à regrouper les banques publiques et privées pour leur demander, de constituer une banque à dimension africaine qui accompagne les entreprises tunisiennes présentes sur les marchés africains.

Pour Loukil, il est impératif aujourd’hui plus que jamais avec les horizons de plus en plus bouchés chez nos voisins libyens et algériens, de viser les marchés d’Afrique de l’Est et du Sud pour pouvoir espérer améliorer le positionnement stratégique des entreprises tunisiennes.

Outre la faiblesse des représentations commerciales diplomatiques en Afrique, qui ne dépassent pas les dix à l’heure actuelle, il a déploré d’autres problèmes auxquels sont confrontés les hommes d’affaires tunisiens qui s’orientent vers l’Afrique et ce en termes de transferts financiers, de transport et de logistique.

Le Président du TABC a mis en garde contre “une perte du potentiel que peut présenter le continent africain en faveur du Maroc qui demeure un concurrent redoutable pour la Tunisie et ne cesse de gagner du terrain parfois aux dépens des intérêts cruciaux de la Tunisie”.

Les intervenants au débat ont évoqué un nombre de problèmes et entraves au développement des relations tuniso-africaines tels que le manque de coordination entre les ministères du Commerce et des Affaires étrangères à travers des représentations commerciales et le déficit d’information dont ont besoin les exportateurs sur l’écosystème des affaires dans les pays africains.

Ils ont également déploré l’absence du ministère du Transport dans cette rencontre-débat malgré l’intérêt crucial que revêt la question du transport et de la logistique dans la question de pénétration des marchés africains. Un homme d’affaires a fait savoir, dans ce sens, qu’il a perdu des marchés juteux en Afrique à cause de l’absence de lignes maritimes et aériennes.

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