Investissements étrangers

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La Tunisie à la chasse aux investissements étrangers

Les « Rencontres Africa 2016 » ferment leurs portes ce vendredi à Paris. Le plus important forum d’affaires jamais organisé entre la France et l’Afrique peut se vanter d’avoir réuni pas moins de 2 300 participants venus échanger et faire des affaires. La Tunisie y était bien représentée avec une ambition : attirer les investissements étrangers, dans un contexte économique fortement dégradé. Notamment en faisant connaître le nouveau code de l’investissement destiné à améliorer le climat des affaires dans le pays.

Il n’avait pas beaucoup fait parler de lui, sans doute noyé par l’actualité sécuritaire et sociale. Le nouveau code d’investissement a été voté le 17 septembre dernier par le Parlement tunisien. Les représentants du patronat local ont décidé de se rattraper à l’occasion des « Rencontres Africa 2016 » à Paris. Ils mettent en avant ce nouveau code, très attendu depuis la chute de l’ancien Raïs Ben Ali, avec plusieurs autres mesures censées briser un cadre légal obsolète.

« Il est important, après avoir abordé la transition démocratique, de se donner les outils pour amorcer la transition économique, explique Kaïs Sellami de l’organisation patronale UTICA. Le nouveau code ainsi que la loi sur le partenariat public-privé [qui étend les PPP aux grands projets et aux « projets d’intérêt national », ndlr] vont faciliter les prises de décisions et les procédures de l’investissement. »

Le nouveau code doit, en effet, faciliter l’accès au foncier, améliorer la gouvernance de l’investissement ou encore permettre l’application d’un taux unique d’impôt sur les sociétés. « L’objectif, souligne Khalil Laabidi, directeur de l’agence tunisienne de promotion de l’investissement extérieur, est de doubler quasiment le taux d’investissements directs étrangers d’ici 5 ans, en le montant à 18 milliards de dinars (7,28 milliards d’euros) contre 10 milliards de dinars ces cinq dernières années ».

Ces mesures surviennent alors qu’a été lancé un Plan de développement 2016-2020. Le nouveau gouvernement veut faire des investissements un pilier de la croissance et du développement des régions.

Mais il y a une affaire dont il ne fallait pas parler à la délégation tunisienne lors de ces Rencontres Africa 2016, c’est « l’affaire Petrofac ». Du nom de ce groupe britannique de services pétroliers et gaziers qui vient de décider de quitter la Tunisie en raison d’un conflit social paralysant son activité depuis des mois sur l’un de ses sites. « C’est beau d’avoir un code d’investissement et tous ces avantages mais il faudrait que l’Etat garantisse un minimum de paix sociale pour que tout le monde se remette au travail et reprenne le goût de la productivité », s’énerve Bassem Loukil, directeur du groupe LOUKIL, actif dans l’automobile, l’industrie, l’immobilier et le commerce.

M. Loukil estime que les mouvements sociaux à répétition et leur lot de revendications inassouvies sont le principal obstacle à l’investissement.

Le départ de Petrofac coûtera cher à la société mère, dont le bilan est déjà très affecté par les grèves et les blocages. Il coûtera aussi très cher à la Tunisie : l’Etat, actionnaire à 50%, va perdre des millions d’euros et la région de Kerkennah (site principal d’activité de Petrofac) 170 emplois directs.

Une catastrophe sociale supplémentaire dont la Tunisie se serait bien passée.

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Source : Rfi

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