la voie en Afrique subsaharienne

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Business : ces Tunisiens qui montrent la voie en Afrique subsaharienne

Publié le 18 août 2016 à 14h58 — Mis à jour le 18 août 2016 à 15h01

Alors que le pays du Jasmin veut rattraper son retard au sud du Sahara, « Jeune Afrique » dresse le portrait de ses entrepreneurs pionniers déjà bien implantés.
C’est après un long retard – dix ans, selon Bassem Loukil, patron du groupe qui porte son nom – que les hommes d’affaires tunisiens s’intéressent à l’Afrique subsaharienne. Causes principales de ce décalage (notamment par rapport à leurs rivaux marocains et égyptiens) : un isolement géographique dû au Sahara ; l’héritage douloureux de l’esclavage, aboli en 1846 et source de préjugés encore bien vivaces ; mais aussi et surtout un manque de volonté politique pour faciliter les relations économiques avec cette région.
A contrario, les entreprises marocaines ont bénéficié d’un soutien volontariste du roi Mohammed VI, qui, depuis 1999, a fait de l’Afrique subsaharienne un objectif stratégique clé, en s’appuyant notamment sur les liens culturels et religieux qui unissent le royaume à l’Afrique de l’Ouest. En suivant cette orientation, les grands groupes marocains (dont Attijariwafa Bank, Royal Air Maroc ou Maroc Télécom) ont entraîné à leur suite une kyrielle de PME chérifiennes, soucieuses de conquérir de nouveaux marchés, appuyées par des agences du ministère du Commerce extérieur.
Résultat : les échanges du Maroc avec l’Afrique subsaharienne ont été dopés, la région représentant 6,3 % du commerce extérieur en 2013 contre 2,3 % en 2003. En Tunisie, le sud du Sahara ne représentait encore en 2015 que 2,4 % du commerce extérieur.
Les signes d’un regain d’intérêt de la Tunisie pour le sud du Sahara se sont toutefois multipliés ces derniers mois. Confronté à des difficultés économiques à l’échelon national, le gouvernement tunisien (en cours de renouvellement) affirmait le 15 septembre 2015 que l’Afrique subsaharienne était désormais au cœur de sa stratégie de développement, détaillée dans son plan quinquennal 2016-2020. À la même période, fin 2015, un groupe d’hommes d’affaires montait Tunisia Africa Business Council, sous la houlette des frères Bassem et Walid Loukil (lire ci-dessous), afin de pousser leurs congénères à débusquer de nouveaux marchés sur le continent.
Mais, pour réussir leur offensive subsaharienne, les groupes tunisiens – le plus souvent familiaux et de taille moyenne – doivent apprendre à mieux travailler ensemble. Et le gouvernement tout comme les organisations patronales et sectorielles doivent mettre en place des structures d’accompagnement ad hoc efficaces. Youssef Chahed, le nouveau Premier ministre nommé le 3 août, devra vite se prononcer sur le sujet.
S’il confirme cette offensive au sud, il pourra s’appuyer sur une poignée d’entrepreneurs pionniers sur le continent, dont nous dressons ici les portraits. Tous pensent que leur pays a encore une carte à jouer dans cette région, en particulier dans l’agroalimentaire, le BTP, les services informatiques ou la formation. Mais ils reconnaissent qu’il y a urgence. Leurs concurrents égyptiens et marocains, mais aussi turcs, indiens et chinois, ne les ont pas attendus pour s’implanter.
Publié le 18 août 2016 à 14h58 — Mis à jour le 18 août 2016 à 15h01
Par Christophe Le Bec et Frida Dahmani

Alors que le pays du Jasmin veut rattraper son retard au sud du Sahara, « Jeune Afrique » dresse le portrait de ses entrepreneurs pionniers déjà bien implantés.

C’est après un long retard – dix ans, selon Bassem Loukil, patron du groupe qui porte son nom – que les hommes d’affaires tunisiens s’intéressent à l’Afrique subsaharienne. Causes principales de ce décalage (notamment par rapport à leurs rivaux marocains et égyptiens) : un isolement géographique dû au Sahara ; l’héritage douloureux de l’esclavage, aboli en 1846 et source de préjugés encore bien vivaces ; mais aussi et surtout un manque de volonté politique pour faciliter les relations économiques avec cette région.
A contrario, les entreprises marocaines ont bénéficié d’un soutien volontariste du roi Mohammed VI, qui, depuis 1999, a fait de l’Afrique subsaharienne un objectif stratégique clé, en s’appuyant notamment sur les liens culturels et religieux qui unissent le royaume à l’Afrique de l’Ouest. En suivant cette orientation, les grands groupes marocains (dont Attijariwafa Bank, Royal Air Maroc ou Maroc Télécom) ont entraîné à leur suite une kyrielle de PME chérifiennes, soucieuses de conquérir de nouveaux marchés, appuyées par des agences du ministère du Commerce extérieur.
Résultat : les échanges du Maroc avec l’Afrique subsaharienne ont été dopés, la région représentant 6,3 % du commerce extérieur en 2013 contre 2,3 % en 2003. En Tunisie, le sud du Sahara ne représentait encore en 2015 que 2,4 % du commerce extérieur.
Les signes d’un regain d’intérêt de la Tunisie pour le sud du Sahara se sont toutefois multipliés ces derniers mois. Confronté à des difficultés économiques à l’échelon national, le gouvernement tunisien (en cours de renouvellement) affirmait le 15 septembre 2015 que l’Afrique subsaharienne était désormais au cœur de sa stratégie de développement, détaillée dans son plan quinquennal 2016-2020. À la même période, fin 2015, un groupe d’hommes d’affaires montait Tunisia Africa Business Council, sous la houlette des frères Bassem et Walid Loukil (lire ci-dessous), afin de pousser leurs congénères à débusquer de nouveaux marchés sur le continent.
Mais, pour réussir leur offensive subsaharienne, les groupes tunisiens – le plus souvent familiaux et de taille moyenne – doivent apprendre à mieux travailler ensemble. Et le gouvernement tout comme les organisations patronales et sectorielles doivent mettre en place des structures d’accompagnement ad hoc efficaces. Youssef Chahed, le nouveau Premier ministre nommé le 3 août, devra vite se prononcer sur le sujet.
S’il confirme cette offensive au sud, il pourra s’appuyer sur une poignée d’entrepreneurs pionniers sur le continent, dont nous dressons ici les portraits. Tous pensent que leur pays a encore une carte à jouer dans cette région, en particulier dans l’agroalimentaire, le BTP, les services informatiques ou la formation. Mais ils reconnaissent qu’il y a urgence. Leurs concurrents égyptiens et marocains, mais aussi turcs, indiens et chinois, ne les ont pas attendus pour s’implanter.

Bassem et Walid Loukil

Bassem Loukil, PDG du groupe Loukil et président de Tunisia Africa Business Council (TABC) et Walid Loukil Directeur général adjoint du groupe Loukil et membre de TABC

Patron du groupe familial qui opère dans l’industrie et la distribution depuis 1976, Bassem Loukil a lancé en 2015 le Tunisia Africa Business Council (TABC). « Nous avons raté de nombreuses occasions ces dix dernières années, regrette-t-il. Avec cet organisme, nous avons l’intention de promouvoir l’expertise tunisienne sur la scène africaine », confiait-il en mars. Bassem et son frère Walid (qui a jadis été tenté par une carrière politique) militent en faveur d’un assouplissement des réglementations douanières et financières pour les opérateurs ciblant les marchés du continent.
Ils veulent proposer aux membres du TABC des voyages de prospection (deux ont déjà eu lieu, un au Mali en janvier, l’autre au Cameroun en avril), des services de mise en relation avec des partenaires locaux et un accompagnement technique, interculturel et managérial. Ils ont pour cela noué un partenariat avec Attijari Bank Tunisie qui s’appuie sur le savoir-faire de sa maison mère au Maroc, présente dans une vingtaine de pays subsahariens.
Source : Jeune Afrique

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