L’avenir, c’est l’Afrique, pour l’Afrique

Bassem Loukil

L’avenir, c’est l’Afrique, pour l’Afrique

Par Bassem Loukil, président du TABC – L’Afrique est une. Il n’existe pas une Afrique dite noire et l’autre qui serait blanche. Une Afrique du Nord et l’autre subsaharienne. Une Afrique musulmane et une Afrique chrétienne. Une Afrique anglophone ou francophone. L’Afrique est une. Et notre plus grand malheur a été que certains d’entre nous ont eu la naïveté d’adopter et d’assimiler des catégories artificielles inventées de toute pièce, par des négociants, des mercenaires et des missionnaires pour mieux nous affaiblir, nous exploiter et nous dominer.

Les artifices sont pratiques pour ceux qui les inventent. Mais ils ont cela de bon qu’ils finissent toujours par se détruire par eux-mêmes, et pour moi, c’est à ce niveau qu’on doit chercher la signification de ce vol inaugural Tunis-Conakry qui a fait que nous sommes tous réunis aujourd’hui.

Les lignes aériennes, la diplomatie, les forums économiques, les accords bilatéraux, les conventions entre pays et les marchés ne sont pas des artifices, mais des moyens nécessaires pour bâtir une relation solide entre pays, entre nations. C’est ce message que nous souhaitons véhiculer par l’intermédiaire de cette mission, renforcée par la présence de hauts dignitaires Tunisiens, M. Anis Ghedira, ministre du transport et M. Zied Laadhari, ministre de l’industrie et du commerce.

Notre délégation compte plus de 50 hommes d’affaires ayant traversé une partie de notre continent pour prendre contact et établir des relations durables avec leurs homologues Guinéens. Je suis convaincu que ce séjour sera une réelle réussite, et le forum d’aujourd’hui en sera un jalon important.

C’est dans cet esprit que nous sommes réunis aujourd’hui et c’est avec cette philosophie qu’a été lancé le Tunisia Africa Business Council, qui je le rappelle a été institué en 2015, et qui est une ONG qui aspire à devenir une passerelle entre la Tunisie et le reste du continent africain en fournissant des informations et conseils aux entreprises et groupes tunisiens désireux d’investir en Afrique tout en les accompagnant tout au long de ce processus, comme nous le faisons actuellement chez vous où nous découvrons ce pays magnifique qu’est la Guinée et côtoyons son peuple chaleureux.

Les femmes et les hommes africains ont toujours été des gens libres, pacifiques, honnêtes et fraternels. La liberté, la paix, l’honnêteté et la fraternité sont les plus belles qualités de l’humanité et aussi le socle le plus solide pour construire des relations pérennes et de partenariats où toutes les parties trouvent leur compte.

Guinéens et Tunisiens nous serons plus que des partenaires. Nos relations fraternelles ne datent pas d’aujourd’hui. La Guinée et la Tunisie modernes sont, en partie, l’œuvre de deux leaders visionnaires : Ahmed Sékou Touré et Habib Bourguiba. Deux grands hommes qui ont su avant tous les autres que l’avenir est en Afrique et qui ont œuvré avec l’énergie et la volonté infaillible qui les caractérisent à bâtir une union africaine forte qui synthétise politiquement et diplomatiquement notre communauté de destin. C’est ce chemin tracé par leurs prédécesseurs que suivent aujourd’hui M. Alpha Condé et M. Béji Caid Essebssi, en soutenant ce genre de missions qui rapprochent nos deux peuples, nos deux nations connues par leur poids géographique et historique sur le continent : La Tunisie qui a donné son nom au continent, et la Guinée, le château d’eau de l’Afrique de l’Ouest, d’où partent de nombreux fleuves tel que le Niger, le Sénégal, la Gambie pour arroser tous les pays voisins.

Les bouleversements internationaux nous ont séparés un moment. Faisons-en sorte de revenir aux valeurs fondatrices de nos pères pour qui amitié et fidélité priment sur tout. Et gageons aujourd’hui que nos retrouvailles fondent une nouvelle vision du monde et de coopération entre les nations.

L’Homme africain est éternel. Je le redis encore en précisant que je n’y vois aucun crédo suprématiste. Car toutes les femmes et les hommes de la Terre sont en partie Africains. Je le répète en rappelant que cela doit nous pousser à prendre une plus grande responsabilité dans la conduite des affaires du monde plutôt que de nous laisser aller au piège de l’orgueil.

Voyons grand. Réinventons la manière de considérer les relations et la coopération internationales, soyons les principaux acteurs pour une meilleure coopération Sud-Sud favorisant le développement durable et la prospérité partagée en faveur des populations Africaines.

Construisons un monde en paix, plus libre, plus honnête, plus fraternel…

Discours prononcé le mardi 28 mars 2017, à Conakry, lors de l’ouverture du Forum économique tuniso-guinéen

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