Le Cameroun

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Le Cameroun, des opportunités à saisir pour les Tunisiens

Une mission de prospection multisectorielle est prévue au Cameroun du 4 au 7 avril 2016. Au programme de cette manifestation, des rencontres de très hauts niveaux avec les ministres et les cadres supérieurs de l’administration camerounaise ainsi que les hommes d’affaires locaux. Des rencontres de Networking bien ciblées et des visites d’entreprises seront également au menu. En outre, deux forums économiques sont prévus.
La délégation tunisienne sera composée d’une trentaine d’hommes d’affaires, opérant dans plusieurs secteurs d’activités notamment les industries plastiques, l’industrie électrique, l’agro-alimentaire, l’industrie mécanique et métallurgique, l’enseignement supérieur, la santé, la télécommunication, les services financiers, le conseil et la formation ainsi que les matériaux de construction.

A cet effet, une journée d’information sur les potentiels d’échanges économiques avec le Cameroun a été organisée par TABC, l’UPMI et Conect International, vendredi 18 mars 2016 au Centre de promotion des exportations (Cepex), en présence de la PDG du Cepex , Aziza Htira, de l’ambassadeur du Cameroun en Tunisie, Victor Loe, du président de TABC, Bassem Loukil, de la présidente de Conect International, Monia Jeguirim Essaidi et du vice-président de l’UPMI, Ameur Abdennahdher.

A cette occasion, dans son allocution d’ouverture, Mme Htira a évoqué qu’il y a des insuffisances sur l’Afrique, avec un manque de représentations diplomatiques sur le continent ainsi qu’une absence presque totale de liaisons aériennes ou maritimes sur la région subsaharienne. Elle a estimé que l’investissement au Cameroun représente une opportunité, étant bien classé dans les classements mondiaux pour son attractivité en Afrique. Elle a, également, mis en avant l’emplacement stratégique du Cameroun avec celui de la Tunisie, qui peut bien desservir les pays du Maghreb que ceux de l’Union européenne.
«Je pense que les opportunités sont là, il faut bien les saisir !», a-t-elle martelé.
Aziza Htira a indiqué, dans ce contexte que l’Afrique est une priorité pour le Cepex, n’étant pas un marché traditionnel pour la Tunisie et que ceux qui vont vers l’Afrique, ceux qui organisent des missions de prospection ou des missions Be to Be là bas et ceux qui veulent s’implanter, peuvent bénéficier d’un bonus du Fonds de promotion des exportation (Foprodex).

Pour sa part, M. Loe a expliqué que son rôle en tant qu’ambassadeur consiste à ouvrir les voies, à fixer le cadre pour faciliter le contact avec son pays et à accompagner les investisseurs.
«Il faudrait que les gens aient le courage d’aller sur place de sentir le pays. Je leur conseille la prudence et la patience, d’abord pare que ce sont des économies asymétriques. Pour ceux qui n’ont pas encore visité mon pays, il ne faut pas s’attendre à trouver des autoroutes, ou des hôtels 5*.
Non, vous venez comme un combattant de la chose économique pour le développement du continent. Il y a beaucoup à faire !», a-t-il expliqué. Et d’ajouter : «Tous nos amis Tunisiens qui ont acquis une certaine expérience dans divers domaines, nous leur tendons les bras pour leur dire le Cameroun est un vase chantier».
Concernant le problème du visa, il a indiqué que cela pourrait être bientôt résolu : son pays tendant vers la suppression des visas. Il a noté, dans ce contexte que l’ambassade a simplifié les procédures et réduit les délais pour que les vrais hommes d’affaires aient leur visa en 2 heures seulement.
Concernant le problème du transport, il a annoncé que Tunisair s’apprête à lancer d’ici le mois de juin une desserte vers son pays

Bassem Loukil a précisé, quant à lui, que cette mission est programmée suite à celle du Mali pour les opportunités que représente le Cameroun. Il a indiqué que des études ont été menées par TABC pour le choix des pays à prospecter. Outre les avantages cités par l’ambassadeur, il a rappelé que le Cameroun a fait une croissance de plus de 5% en 2015 contre 4,8% en 2014.
Le pays jouit d’une position géographique exceptionnelle, avec un accès à la mer, tout en étant une plateforme essentielle pour l’Afrique centrale et l’Afrique de l’Ouest, a-t-il souligné, en notant que le pays regorge de ressources naturelles : énergie, gaz ou produits agricoles. Des potentialités existent dans l’installation d’industries de transformation sur place, le BTP qui est un secteur clé qui cherche à se développer avec d’importants projets d’infrastructure, l’enseignement supérieur, le secteur médical et celui des services.
Il a précisé que beaucoup de pays concurrents de la Tunisie sont en train de s’implanter d’une façon accélérée dans ce pays, ce qui prouve qu’il y a beaucoup à développer et à faire au Cameroun : un pays qui présente des opportunités non seulement pour les échanges mais aussi pour des investissements des Tunisiens sur place.
Pour lui, le seul moyen de s’implanter et de s’imposer sur le long terme est qu’ils y aillent, osent, prennent des risquent et s’installent sur place.

Monia Jeguirim Essaidi a appelé à la création d’un team national pour l’export chapoté par le CEPEX, où toutes les organisations travaillent selon une stratégie nationale pour mieux développer l’export et le travail à l’international. « L’Afrique est en marche et c’est important que nous enfants africains nous participions à sa construction », a-t-il éstimé.

Présent à cet événement, l’ancien ambassadeur au Cameroun, Abderrazak Landoulsi, a souligné, dans son témoignage, que le peuple camerounais est très accueillant. Il a indiqué que la Tunisie a des relations excellentes avec ce pays, en soulignant que notre pays jouit d’un capital de considération et d’estime énorme.
Autre point évoqué par M. Landoulsi, en 2014, la Tunisie a présenté une demande d’adhésion en tant que membre associé à la CEMAC. Pour lui, cette demande doit être suivie, surtout que les Camerounais sont très favorables. Ceci dit, il faut poursuivre les démarches avec les autres Etats pour avoir le statut. En outre, il recommande la finalisation de l’accord commercial préférentiel qui est parvenu à un stade avancé.

Le Cameroun regorge de potentialité. Il est, d’abord, un point d’accès au CEMAC (Communauté économique et monétaire d’Afrique centrale), la zone monétaire et de libre-échange avec la République centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale et le Tchad.
Le pays a réalisé en 2015 un PIB de 34,03 milliards de dollars (soit 1.045 dollars par habitant), en croissance de 6,6% avec une inflation de 1,45% et un taux de chômage de 4,3% seulement.
Concernant ses échanges avec la Tunisie, le Cameroun est son 4ème client et son 4ème fournisseur en Afrique, a précisé Youssef Bayoudh, sous-directeur de la coopération avec les pays arabes et africains au sein du Cepex. La margarine représente 22% du total des exportations tunisiennes vers ce pays. En contrepartie, le café non torréfié représente 40,9% des importations de ce pays, a-t-il indiqué.

Parmi les secteurs porteurs : l’agroalimentaire, les équipements mécaniques, électriques et électroniques, les pièces de rechange automobiles et de véhicules industriels et agricoles, la santé et services de soin, le textile et habillement (vêtements de travail), les produits pharmaceutiques et parapharmaceutiques, les télécommunications, le BTP (routes et autoroutes, ouvrages divers, …), les TIC, l’eau et l’assainissement (gestion de réseaux de distribution, …), l’énergie électrique, etc

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