Que doit-on à nos jeunes ?

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Que doit-on à nos jeunes ?
Retour sur une jeunesse qui a fait la révolution mais dont on a défait l’ambition.

En cette période critique d’une longue et pénible « transition démocratique », nos jeunes se sentent plus que jamais perdus, désespérés et sans espoir pour l’avenir.
Après sept gouvernements et deux élections pleines de « promesses de progrès et miracles économiques », nos jeunes entrepreneurs, fraichement diplômés ou même futurs diplômés, ne se sentent plus concernés par tout ce que la classe politique actuelle a à offrir et se sentent délaissés et trahis par un système en faillite d’idées et de moyens.
Il nous revient donc à nous, parents et société civile, de poser la question suivante : que doit-on à nos jeunes pour leur permettre de rêver à un lendemain meilleur ? Et que doit-on faire face à la menace grandissante de la fuite des cerveaux et la mise en danger de l’avenir économique et social de notre pays ?

Génération Y ou encore 2.0, cette nouvelle jeunesse connectée représente aujourd’hui le moteur de toutes les sociétés. Elle a renversé des régimes anciens, à l’image du printemps arabe, et en a porté de nouveaux, comme en France avec le président fraichement élu Emmanuel Macron. Si cela peut témoigner d’une chose, c’est que cette jeunesse a soif de changement et qu’elle a la volonté de le provoquer. Ce changement ne saurait aboutir et ce potentiel ne saurait être exploité sans une feuille de route, une vision et la mise en place de réformes pour accompagner nos jeunes dans la réalisation de leurs projets. Car des projets ils en ont, mais vers qui se tourner lorsqu’on a le sentiment que le système est, d’avance, contre nous ?

Le point de départ pour rompre ce cycle d’abattement et de défaitisme, serait de redonner confiance à ces jeunes en rétablissant le dialogue avec eux. Cette communication peut se faire à divers niveaux :
En mettant en place des incubateurs à travers toutes les régions pour les jeunes start-up. J’ai entamé cette initiative depuis plus d’un an, en partenariat avec le MDI au niveau de la technopole de Sfax, dans les nouveaux métiers (Gaming, Big Data, etc…), en espérant que d’autres privés suivent la démarche pour les autres régions du pays.
En accompagnant ceux ou celles qui cherchent à lever des fonds sur les marchés locaux et internationaux à travers des intermédiaires spécialisés dans l’accompagnement des start-up.
En négociant pour eux des crédits à taux préférentiels auprès d’un fonds à capital risque afin de les aider à démarrer leurs projets professionnels.
En créant une bourse de valeurs spéciale pour les startups et ouverte aux capitaux risques, investisseurs privés et fonds internationaux spécialisés dans les pays émergeants.
En mettant en place des centres de formation spécialisés pour faciliter la reconversion des jeunes chômeurs, voire même des jeunes diplômés, qui ne trouvent pas de travail correspondant à leurs qualifications.
En rendant plus effectif et plus rapide le travail de la justice et montrer qu’elle est garante de leurs droits et qu’elle est la même pour tous.
Et surtout en leur donnant leur chance. A mon niveau, et à travers mes entreprises, j’essaye d’encourager continuellement les jeunes esprits, comme nous l’avons fait dernièrement dans le cadre de l’AMS Challenge en permettant à des étudiants des écoles de beaux-arts du pays de proposer les designs et les produits de demain.

Si ces réformes sont réalisables et prometteuses, il n’existe pas aujourd’hui d’infrastructure propice à leur réalisation car, qui s’occupe des jeunes ? Est-ce le rôle du privé, de la société civile, du Ministère de la formation et de l’emploi ou encore du Ministère de la Jeunesse et des Sports ? Qui s’occupe de nos jeunes dans la définition du gouvernement telle qu’elle est aujourd’hui ?
L’avenir de notre pays réside dans l’avenir de nos jeunes ce qui devrait leur valoir une place bien plus importante et un encadrement bien plus efficace. Si c’est le rôle de tout un chacun, rien n’est possible sans un cadre institutionnel bien défini et dédié à ces problématiques.

Si nous devons aux jeunes des réformes et une vision, nous leur devons également la transparence. Ce désintérêt réciproque entre l’Etat et les jeunes doit cesser, cette dé-corrélation entre les jeunes de la société civile et leurs représentants politiques doit évoluer. Les jeunes doivent à nouveau se sentir concernés par l’avenir de ce pays qui leur appartient et dont ils ont l’impression d’en être les locataires. Nous devons à nos jeunes une réappropriation de leur pays, une ré-identification à leur nation. Redonnons leur foi en la justice et en nos institutions afin qu’ils se sentent à nouveau en sécurité et chez eux.

Nos jeunes nous ont montré qu’ils étaient prêts à partir pour réussir, retenons leur succès.
Notre jeunesse est notre vrai pétrole et le meilleur garant de l’avenir de ce pays.

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